CUPS OF « ROSé »( Collaboration Yoann Lemoine-Drake )

melancholia-explication

On se souviendra longtemps de ce fameux prélude créé par Lars von Trier au tout  début de son superbe et  dernier film en date : « Melancholia »;  où les images, véritables tableaux dignes des plus grands peintres,  défilaient devant les yeux des spectateurs  à  une lenteur dépassant la  limite extrême de ce qu’auraient pu supporter  les moins patients, les plus pressés , qui devaient  assurément se trouver face à l’EcranBlanc, cette année-là. Moi-même, découvrant pour la première fois les toutes premières secondes  de ce film dont j’avais tant entendu parler et qui avait déjà fait couler beaucoup d’encre, je m’étais dit: « mais qu’est-ce que je fous là!… ». Et soudain, passé les quelques minutes de ce temps , qui a dû durer des siècles !..et  qui semblait vouloir s’arrête , se mettre en suspend, voilà que vous  ne lâchez plus une seule seconde les yeux et votre esprit de cette pure poésie, de ces images, de cette musique, de cet instant cinématographique de toute beauté qui vous aimante et vous chamboule, et vous embarque comme aucun autre film n’a su le  faire auparavant, et de par cette si singulière manière.

Il fallait oser. Et créer. Il fallait l’ imaginer…

Si aujourd’hui le visuel de chaque chanson  -et cela,  quelque soient les besoins et les moyens marketings actuels auxquels les artistes se voient de s’obliger  ou de ne pas hésiter à s’en  donner  les moyens qui puissent exister) – a son énorme importance,  on ne pourrait , avec cet album, séparer le travail du réalisateur (Le superbe « Blue Jean » de Lana Del Rey, « Iron », de Woodkid (aka Yoann Lemoine himself) et à travers duquel on peut  retrouver la même importance, la même intensité  rythmique dans  « Take Care »), de celui du rappeur. La preuve : essayez de tenter l’expérience : écoutez le cd sans les images, tel que je le fais à l’instant même …Il y aura toujours, même sans cinéma,  ce don de la voix, des mots, des émotions révélées, cherchées et donnés, offerts du  plus profond de soi, qui ne peuvent naître que par le rythme, les sons, la  musique, l’inspiration, l’imagination . Comme un  véritable travail d’orfèvre.

http://www.dailymotion.com/video/xm7306_drake-rihanna-take-care-new-2011_music

Faites ensuite l’expérience de regarder le clip « Take Care » sans la musique…il manque bien quelque chose à l’image , n’est-ce pas? ce n’est plus du tout le même effet : c’est que Lemoine ne s’est pas fait un trip rien qu’à lui tout seul! (il aurait pu, et cela aurait été bien plus facile, mais nettement moins créatif). C’est qu’ici,  le cinéaste rentre  dans un rôle complet et qui lui sied à merveille : celui  de réalisateur, triplé de celui d’un homme qui voit comme les yeux d’un artisan photographe, et écoute, s’exprime, entend, demeure attentif comme les oreilles d’un compositeur, la voix d’un chanteur et  l’instrument d’un  musicien qui exploreraient en un seul homme à la fois  tous les possibles de l’univers créatif qui s’offrirait à lui. Ce qui rend les images du réalisateur extrêmement précieux, et donne à voir, à sentir, à comprendre ce que nous ne saurions saisir si elles étaient séparées de la musique et des mots (mais le 7ème art ne possède-t-il pas  aussi sa propre expression, son propre langage, ses mots, ses rythmes ?…)

http://www.dailymotion.com/video/xpyv7k_drake-ft-rihanna-take-care-official-video-hd-720p_music

Il n’est donc   pas question de ce cinéaste danois, mais bien d’une fusion, de la rencontre de  deux personalités, non  moins dépourvu de talent, dont l’important et intense  travail qu’ils ont pu entreprendre  et mener , chacun  entouré de toute l’équipe de « Take Care »,  a laissé son emprunte jusqu’à cette pochette de l’album,  qui déjà intrigue au premier coup d’oeil, et parle d’un autre projet déjà existant, mené par Drake, portant cette même silouhette de totem : – coupe en or, oiseau de nuit, décor (où est assi, un peu en retrait,  à l’écart et dans un coin, le chanteur), tableaux que l’on devine, un  chandelier allumé, cette impression d’être , de se trouver dans un tout autre temps, d’être catapulté vers une autre époque. Cette atmosphère qui y est suggéré, sensuelle, chaude, chargée, ainsi que cette idée de profonde réflexion, d’introspection, d’ arrêt, d’immobilité, de plongée en soi …  Ici, le ton est donné d’emblée.

http://pitchfork.com/reviews/albums/16039-take-care/

Tout dans cet album est à prendre et à réécouter encore, et encore, avec cette sensation si grisante que l’on a, cette  chance et ce bonheur que l’on ressent parfois, lorsque la musique est bonne, le rythme est bon, lorsque l’on en découvre pas à pas, lentement, tout  le contenu : car plus on  fait jouer cet album du rappeur canadien, plus on aime chaque track qui compose l’ensemble .  De Crew Love ( dont le début me fait catapulter dans le temps jusqu’à ce fabuleux  « Wishing On A Star », de Rose Royce..)  à Headlines, en passant par Underground Kings, Over My Dead Body, « Marvin’s room » (dont  la référence au chanteur trouve son écho jusque sur  la pochette même de l’album), Practise, We’ll Be Fine, Shot for Me, Hate Sleeping Alone,  ou encore Take Care, video pour laquelle le cinéaste français  y  orchestra; et, quelque soient les voix qui y ont pu poser leurs empreintes et répondre à celle de Drake (Rihanna, Nicki Minaj, Lil Wayne, ), cet album offre une unité, une fluidité incroyable.

Il y a dans « Take Care » quelque chose de sauvage, d’animal, qui touche quelque chose de profondément ancré en nous, en l’humain, et que la société  a trop souvent tendance  à oublier. Une sincérité certaine trop souvent mis de côté.

« Marvin aimait la pluie et le vent, la sincérité de la mer. », écrivait ce Belge passionné de soul Freddy Cousaert, chez qui le chanteur, alors profondément dépressif , vécu durant pas mal de temps,  avant de repartir à nouveau, pour Los Angeles, au moment du succès de Sexual Healing…C’est exactement cette « sincérité »-là , des éléments , du monde végétal et animal qui nous entoure,  que l’on le retrouve  dans « Take Care »,  dans ce « sauvage »,  ces êtres à l’état pur, à l’état brut qui touche quelque chose de profondément ancré en nous, en l’humain, et que la société  a trop souvent tendance  à oublier. Une sincérité certaine trop souvent mis de côté. On ne peut demeurer indifférent à ce genre de paroles, de vérité-là…

Deux artistes donc à suivre , avec de belles créations,

de belles échappées en perspective.

Le site du  chanteur-compositeur-réalisateur : http://www.yoannlemoine.com/

Celui de l’artiste canadien Drake :

http://www.drakeofficial.com/

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s